Java – Sumatra

24 janvier 2014

Cher vous,

C’est à Bituan, petit village en bord de mer à l’ouest de Sumatra que nous a déposés un routier tout à l’heure, tout juste devant un cybercafé! Ce signe était trop beau pour l’ignorer : il était temps de se poser pour vous donner quelques nouvelles.

Que de belles aventures depuis notre dernier rendez-vous (oui, j’ai un peu l’impression d’être avec vous quand je me tiens devant un clavier et un écran d’ordinateur ici) ! La route nous a offert ce qu’elle a de mieux à donner : des lieux insolites et splendides, des rencontres improbables, des imprévus et de la spontanéité à en revendre, et comme toujours, beaucoup de rires. Ecrire dans mes carnets de voyage, prendre des photos numériques (et surtout mentales) à tout va, c’est génial ; mais ce que je préfère de loin, ce sont les mots et les traits au marqueur dont on recouvre notre carte IGN. Quand je regarde cette carte, pas peu fière du chemin déjà parcouru, je ne peux m’empêcher de sourire. Cette carte, ce sont des odeurs, des visages, beaucoup de dialogues de sourds, parfois de petites trouilles, des camions qui roulent au pas, du riz, des pick-up qui nous offrent un bon bol d’air, des nouilles pimentées, et tout un tas d’autres images qui me viennent soudainement en tête.

La carte IGN

Par exemple, quand je glisse mon doigt sur le tracé qui quitte la ville de Yogya, je revois le tableau étrange sur la terrasse de Dwi, professeur d’art renommé et père sévère qui nous a offert le café chez lui. SI je continue jusqu’à Banyumas, j’entends de nouveau les commentaires en indonésien de la bonne douzaine de villageois amusés venus nous regarder monter la tente. Quand mon doigt touche le nom de Tasikmalaya, je savoure presque de nouveau le lit de rois qui nous a été donné le temps d’une nuit chez Andri, un type riche qui travaille dans une entreprise de volailles. C’est toujours très, très drole d’être hébergés chez les autres. On débarque sales, puants (camping et chaleur obligent), avec nos chaussures-sandales et nos gros sacs à dos, et on a chaque fois l’impression de faire un remake des Visiteurs (sauf qu’il n’y a jamais de Chanel 5 dans la salle de bain). Mais on garde les yeux et les oreilles bien ouverts, parce que chaque maison a ses surprises, ses habitudes, sa famille.

Lit de rois

A Cisolok, chez monsieur Tatane (“Head officer of religion affairs”), il y avait, entre autres, un bassin (que j’ai pris pour une piscine au début) rempli de 700 poissons-chats (nombre précis donné par Tatane), il y avait aussi sa fille, sage-femme (“Ten babies today !!”), qui me demandait de lui faire des câlins pendant que sa soeur nous prenait en photo sous toutes les coutures, et sa mère, une très vieille femme (qu’on a surnommée Mamie Nova) qui semblait mourante à coté de moi dans la voiture, mais qui s’est avérée débordante d’énergie une fois à la maison !

Tatane
– – Le repas chez Tatane, qui nous a d’ailleurs obligés à manger avec les doigts, sous le regard effaré de sa femme

La route nous a donc vraiment gâtés cette semaine, et chaque jour, elle nous surprend encore. Même quand on pense être assis à l’avant d’un camion pour plusieurs heures tranquilles, le chauffeur se sent soudain d’humeur joueuse. Et hop, nous voilà en pleine montagne, dans un hangar enfumé, à jouer au billard avec quelques copains à lui.

Billard

Ou même, alors qu’on a que trente kilomètres à faire, dans une voiture qui sent le jasmin avec un couple de grands rigolos, la voiture écrase soudainement un chat (l’improbabilité de cette situation m’étonne encore) et nous voilà plongés dans un silence de mort. (Pour l’anecdote, le conducteur a lancé quelques billets par la fenêtre, comme pour “s’excuser” de ce fâcheux incident.)
Bref, bref. Je n’aurai jamais le temps ni la capacité de tout raconter ici, alors, il vaut mieux que je passe aux photos, qui parleront mieux que moi!

Ci-dessous, vous trouverez :
– – Une des mille photos que j’ai prises au temple de Borobudur, où on est allé en scooter avant le lever du soleil (pour une fois que je peux vous montrer un truc de la To-do list du touriste en Indonésie !)

Borobudur

– – Nos copains motards qui nous ont fait monter sur leur bruyantes kawasaki pour quelques kilomètres (j’ai serré très fort mon conducteur, qui, au passage, se prenait pour Di Caprio en personne à chaque fois qu’il enlevait son casque devant moi)

Kawasaki

– – Notre coin de paradis dans le petit village de Pasput, où Pierre a pu jouer à Seul au monde, et où l’on a partagé nos bières avec de jeunes indonésiens non avares en questions

Seul au monde - PasputPasput

– – Notre duo en haut du “Monster truck” d’Ari, le joueur de billard.

Truck monster

– – Deux photos du moment ULTRA étrange passé dans une fabrique de “Luwak Coffee”… L’animal mi-ours, mi-furet que vous voyez sur les genoux de Pierre se nourrit notamment de graines de café, qu’il délivre intactes après digestion (cf assiette remplie d’excréments), et que l’on récupère pour faire un délicieux café…

Luwak

Pour rajouter à l’étrangeté de ce moment autour de cafés et crottes de Luwak, il y avait chez notre hote deux crocodiles-iguanes (aux toilettes), une chouette endormie qui dodelinait de la tête, et deux mecs bien louches !

Crottes au cafe

– – Pierre au milieu d’enfants rieurs rencontrés au bord d’une rivière où l’on a passé la fin d’un après-midi ensoleillé (lessive et douche devant une cinquantaine de regards curieux). Pierre a pu en initier certains au diabolo et j’ai replongé dans la peau d’une animatrice de colonie le temps de quelques jeux !

Enfants et pierre

– – Et pour finir, notre spot de camping de ce soir, où j’ai pu me baigner tout à l’heure !

Ma chambre ce soir

Je vous embrasse bien fort, vous souhaite de prendre la route et de vous laisser guider par tout ce qu’elle peut vous donner (pensée toute particulière à Jack Kerouac ces derniers jours). Et puis, même si vous ne pouvez prendre la route demain, je vous souhaite tout de même de griffonner vos souvenirs sur la carte de Grenoble, de Paris, ou autre. Parce qu’on a tous quelque chose à y raconter, et que c’est un trésor précieux.

About lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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